Santé

Dix conseils pour se prévenir du paludisme

Le paludisme est un réel problème de santé au Tchad. Il constitue l’une des premières causes de consultation dans les structures sanitaires. Il représente 37,21% de morbidité dont 43,65% chez les enfants de moins de cinq ans. Aussi, plus de la moitié de décès chez les enfants de moins de cinq ans dans les structures sanitaires est imputable au paludisme.

Cette maladie, dangereuse, sévit de façon endémique dans la zone soudanienne (sud) du pays et de façon saisonnière au centre du pays. On enregistre un pic en cette période des pluies. Si je vous parle de cette généralité, c’est pour que vous sachiez combien le paludisme est une maladie « dangereuse ».

Transmission de la maladie

Cette maladie est transmise par une toute petite créature : un moustique appelé anophèle femelle et se manifeste par un réchauffement du corps (fièvre), maux de tête (céphalée), fatigue (asthénie, courbature), douleur articulaire, troubles digestifs (diarrhée, vomissement, manque d’appétit)…

Malheureusement, selon certaines croyances, le paludisme est causé par la faim, la consommation de certains aliments ou encore l’exposition aux intempéries telles que la pluie, le soleil. Quelquefois, si le malade présente des signes du paludisme grave en occurrence les hallucinations, le délire, les parents le prennent à un fou, attaqué par les esprits… Ce qui fait que beaucoup ne partent à l’hôpital qu’après avoir parcouru toutes les pratiques traditionnelles, en vain.

Maintenant, voici dix (10) conseils pour prévenir le paludisme :

  1. Garder la cour de la maison et les alentours propres ;
  2. Évacuer les eaux sales et les eaux stagnantes ;
  3. Porter des vêtements longs, couvrant tout le corps (manches longues…), le soir, et de préférence pas des vêtements sombres ;
  4. Utiliser des crèmes et autres produits qui repoussent les moustiques ;
  5. Pulvériser les chambres avec des insecticides ou utiliser des serpentines (léopards) ;
  6. TOUJOURS dormir sous moustiquaire imprégnée d’insecticide en respectant les modes d’utilisation ;
  7. Suivre les consultations prénatales (CPN) pour les femmes enceintes è les femmes enceintes y reçoivent des moustiquaires imprégnées d’insecticide et des médicaments (fansidar) pour prévenir le paludisme ;
  8. Pour les voyageurs ne résidant pas dans un pays d’endémie palustre et qui viennent au Tchad, passer dans une structure sanitaire avant le séjour. En prophylaxie, ils doivent recevoir un médicament à prendre hebdomadairement, pour une durée de 3 mois maximum ;
  9. Consulter une structure sanitaire (la plus proche) en cas d’apparition d’un des signes ci-dessus cités ;
  10. Au cas où le personnel de santé confirme le paludisme, prendre correctement le traitement qui sera administré.

Comme vous le constatez, les deux derniers conseils permettent de détecter précocement la maladie et de prévenir les complications. Protégeons-nous contre le paludisme !

Le mariage précoce, une réalité au Tchad

Mariée à bas âge, la jeune fille dont je parle dans cet article n’a jamais gouté le bonheur de la vie conjugale. Aujourd’hui elle ne garde de ce mariage que les mauvais souvenirs.

Elle se souvient encore du jour où sa mère est venue lui annoncer la nouvelle de son mariage avec l’ami de son père, la cinquantaine, époux de deux autres femmes. Elle avait 14 ans révolus. « L’ami de ton père est un homme riche, responsable, généreux avec tous les membres de notre famille. Il fait partie de notre famille. Tu n’as rien à craindre… » Rassure la maman à sa fille, les larmes aux yeux ; une façon de la convaincre. Elle lui parle comme si elle a d’autre choix que d’accepter cette proposition, disons plutôt cette imposition. En effet, la gentille mère a essayé de s’imposer à ce mariage parce que sa fille est encore petite mais en vain. Le Chef de famille, le décideur a décidé. Trêve de la discussion. Il ne cherche que le bonheur de sa fille. En tout cas c’est ce qu’il pense… il a seulement oublié que c’est un mariage précoce.

Le mariage est célébré, la fille a eu quelques conseils de la sa mère et de ses tentes avant de rejoindre son foyer où l’attend une autre vie : la vie conjugale. Je m’en passe de détails et des difficultés que la jeune mariée a rencontré la nuit de noce, au cours de la « vie conjugale » et avec ses coépouses. Parce que ce n’est le but de cet article.

Le troisième mois suivant la noce, la jeune femme ne voit pas ses règles (aménorrhée) et commence à avoir de la nausée, hyper sialorrhée (elle crache partout), vertige et asthénie physique (fatigue). En notre terme, on parle des « signes sympathiques de la grossesse ». Elle porte en elle un bébé. Et c’est la fierté du mari et de toute la famille. Le ventre pousse peu à peu, la jeune femme surmonte tout grâce aux conseils de sa maman. Elle est enceinte, elle frôle les 15 ans, elle n’était jamais amenée dans une structure sanitaire pour des consultations prénatales (CPN). C’est une grossesse non suivie.

La grossesse est à terme. Ce jour, la future fille-mère commence à avoir des douleurs lombo-pelviennes à type des contractions utérines (parlons simple : elle a mal au ventre) depuis le matin. Les vieilles du village se regroupent autour d’elle et l’accoucheuse traditionnelle fait son travail de tout le temps pour accouchée la fille. La situation n’est si facile que cela. Malgré ses années d’expériences, l’accoucheuse la plus réputée de la zone échoue aujourd’hui. Après deux jours de tentatives, tout le monde décide de l’amener au centre de santé qui se trouve à 9 Km du village. Après examen, le responsable du centre l’évacue d’urgence à l’hôpital pour travail prolongé sur bassin limite. Au fait, le bassin de la jeune femme n’est pas encore développé, n’est pas encore prêt pour porter une grossesse. On parle de « disproportion fœto-pelvienne », toujours en notre terme.

A l’hôpital, elle était prise en urgence au bloc opératoire. Elle a subi une césarienne. Les chirurgiens sort un mort-né de 3500 grammes. Ce n’est pas tout. Etant donné que la tête de l’ « enfant » a compressé la vessie de la « mère » contre les os du bassin durant longtemps, certains tissus se sont nécrosés et la fille a alors connu une fistule vésicale. C’est-à-dire, les urines coulent par le vagin (excusez-moi le terme) et à tout moment, continuellement, sans contrôle. Le personnel a expliqué la situation à la famille et la fille doit subir une autre opération chirurgicale par un spécialiste de réparation de fistule.

Ayant appris la nouvelle, le mari de la malade fait entendre à ses beaux-parents qu’il est désolé et qu’il ne peut pas rester avec une femme qui ne peut pas retenir ses urines. Il la divorce alors qu’elle dans la salle de réveil. La fistule est réparable mais ce n’est pas son problème. « Il est riche, responsable, respecté… » Se rappellent les parents. Rien ne peut l’empêcher d’aller épouser une autre. De quel âge ? Dieu seul sait. La mère, pleurant, accuse le père qui semble avoir un regret pour ce qu’il a fait. Mais à quoi bon ?

Elle se souvient encore de tout cela parce que maintenant c’est fini pour elle. Réparée deux fois (après échec), elle continue toujours par boiter car la compression a lésé le nerf sciatique et aucun homme ne veut d’elle.

L’âge prévu pour le mariage au Tchad est 18 ans, beaucoup de fille sont données en mariage avant 15 ans au vu et au su de tout le monde, les conséquences sont là, connues de tous, les auteurs/contrevenants ne sont pas punis … la pratique continue et ce sont nos sœurs qui encaissent.

Le village des femmes de l’Hôpital Régional d’Abéché qui prend en charge les malades de fistule obstétricale a réparé des centaines de femmes depuis sa création en 2008. Aujourd’hui, une vingtaine de femmes attendent à être opérée.

L’Etat n’intègre pas n’importe qui, surtout quand il s’agit de la santé.

Tous les agents de santé sortis des écoles et instituts de santé privés doivent être soumis à un concours dit de certification avant d’être intégrés à la fonction publique.

Ils sont 5193 personnes à composer ce concours ce dimanche 16 novembre 2014. Ces candidats sont répartis dans quatre centres d’examen à savoir N’Djamena, Abéché, Moundou et Sarh. Infirmiers diplômés de l’Etat, sages-femmes et agents techniques de santé ont abordé chacun quatre matières. Les trois amis que j’ai appelés pour leur demander de concours m’ont tous signifié que les sujets sont abordables. Seuls ceux qui seront admis seront intégrés à la fonction publique.

Cependant, je me pose un certain nombre de questions :

  1. Pourquoi attendre si longtemps avant d’organiser ce concours alors que certains ont passé dix années sans être intégrés ?
  2. Que deviendrons ceux qui n’auront pas le concours alors que beaucoup de ces agents travaillent dans le secteur privé depuis des années ?
  3. Que faire des agents des écoles de santé publiques qui n’ont pas le niveau car ce concours est organisé pour soit disant tester le niveau des candidats ?
  4. Ce concours concerne uniquement les agents de la santé ou aussi les autres agents ?

Journée Internationale de l’Infirmière 2013

À l’instar des autres infirmiers du monde, les infirmiers et infirmières du Bureau d’Étude Santé et Environnement (BASE – TCHAD) à Amleyouna ont célébré ce dimanche 12 mai, la Journée Internationale de l’Infirmière édition 2013.

La cérémonie s’est déroulée au bureau BASE à Amleyouna, en présence du Sous préfet et de plusieurs représentants des institutions travaillant dans la localité.

Placée sous le thème «  Combler l’écart: Objectifs du Millénaire pour le Développement », cette journée a permis au personnel infirmier de BASE – Tchad à Amleyouna d’échanger des expériences, changer de l’air et surtout de se rappeler de la déontologie et de certaines pratiques essentielles.

Pour le médecin terrain du camp d réfugiés de Gaga Dr Magloire TEMPELE, le métier de l’infirmier est un métier qu’on fait avec le cœur et non en comptant son salaire ni ces heures de travail. Il reconnait les efforts que fournissent le personnel infirmier de BASE à Amleyouna qui ne passent au moins deux fois par semaine des nuits blanches pour sauver des vies humaines, et cela malgré que toutes les conditions de travail ne soient pas réunies.

Docteur Magloire indique par ailleurs que le centre de santé de Gaga n’a enregistré aucun décès maternel et aucun décès infantile durant le premier trimestre de l’année. Il estime alors que certains Objectifs du Millénaire pour le Développement sont atteints pour ce centre, grâce aux efforts de personnel infirmier. « Si tous les secteurs concernés faisaient autant, le Tchad pourra atteint les OMD d’ici 2015 » pense t-il.

Le médecin terrain de Gaga rend, de ce fait, un hommage mérité à tout le personnel infirmier de BASE en général et du bureau d’Amleyouna en particulier, les aides soignants, les techniciens et tout le personnel de BASE  sans distinction, pour leur travail, sans lequel aucune activité ne pouvait être menée.

Après avoir parlé de l’historique de la profession infirmière et de rappeler le déontologie infirmière et le raisonnement clinique de l’infirmier dans ses activités quotidiennes, les infirmiers et infirmières de BASE Amleyouna ont dressé des recommandations demandant entre autre la mise en place d’une mini-bibliothèque équipée, d’une salle multimédia avec connexion Internet, l’augmentation de nombre des infirmiers, l’augmentations de salaire, tout cela afin d’améliorer les conditions de travail sur le terrain.

Après les témoignages de quelques personnes présentes à la cérémonie, le Sous-préfet d’Amleyouna Fayçal Brahim qui clôturait la cérémonie a remercié tout le personnel infirmier qui, selon lui, constitue le maillon de l’équipe médicale. Il réaffirme le soutien de toute l’administration à l’équipe médicale de la localité. « Au-delà de son intervention dans le camp de réfugiés, BASE appui également le centre de santé d’Amleyouna en cas de nécessité. Ce travail combien louable nous va droit au cœur… » reconnait le sous-préfet. Il ajoute par ailleurs que le Tchad, soucieux de la santé de sa population, a envoyé 150 jeunes pour étudier la médecine à Cuba cette année.

La fête s’était bien terminée, malgré qu’elle ait précédé des longues journées de travail, sans repos, même le week-end.