Société

Pénurie de carburant au Tchad. La population dit merde.

A Sarh dans le sud du pays, les enseignants sont entrés en grève d’une semaine depuis ce lundi. Ils réclament la baisse du prix de l’essence, car ils n’auraient pas le moyen de pays un litre d’essence à deux mille francs et ne pourraient pas non plus aller à l’école à pied. C’est la deuxième grève observée depuis le début de la crise.

Le marché de Sarh était également fermé toute la journée. Les agents de santé ont, eux aussi, observé une grève de soutien aux enseignants d’un jour.

Les élèves et d’autres usagers sont descendus sur les rues pour manifester eux également leur mécontentement. Pour les disperser, les forces de l’ordre ont intervenu et ont arrêté quelques manifestants, faisant également quelques blessés par eux. Les personnes arrêtées seraient libérées grâce à la persistance des manifestants. La grève continue.

D’autres manifestations ont été également signalées à N’Djamena et à Moundou.

Tchad: La pénurie de l’essence paralyse tout

Le carburant, surtout l’essence se fait de plus en plus rare et le prix ne cesse de s’augmenter. Parlons d’Abéché, comme nous y sommes. Le prix est passé du simple au triple. Le litre d’essence qui coûtait 500 francs CFA se vend aujourd’hui entre 1300 et 1500 francs CFA.
Les commerçants indiquent que le carburant ne vient pas de N’Djamena et qu’ils achètent le fut d’essence à 190.000 francs au lieu de 90.000 francs il y a quelques jours. Et c’est le paisible citoyen qui endosse les conséquences.
Cette situation qui perdure depuis près de deux semaines a eu des répercussions sur la vie quotidienne de la population.
  • D’abord beaucoup d’usagers ont garé leurs engins ;
  • Le coût de transport est passé de 250 francs à 500 francs pour les motos taxis et de 500 francs à 1000 francs pour les tricycles ;
  • La photocopie qui se faisait à 25 francs la page se fait à 50 francs, l’impression est passée de 200 francs la page à 500 francs. Certains ont simplement fermé leurs portes ;
  • Les brodeurs ont également cessé de travailler ; … les coiffeurs, les cabines de charge des téléphones …
Au moment où j’écrivais cet article, lorsqu’il était 20H30min, j’ai pris la radio voulant suivre les informations (l’avant dernière édition de la radio nationale – ONRTV) dans l’espoir de trouver quelques nouvelles sur le sujet, mais la radio n’émet pas. La radio locale qui faisait le relai ne le fait pas ces derniers jours. Ce serait certainement lié à l’énergie.
Bref, tout ce qui fonctionne avec de l’énergie est concerné par cette situation et je vous l’assure, tout fonctionne avec de l’énergie. Alors, rien de marche.
La population crie partout mais il n’y a personne qui les écoute.
Au niveau national, les autorités concernées ont fait des déclarations et semblent trouvé des solutions en limitant le nombre de « distributeurs » à 5 au lieu de 55 mais est-ce la solution ?
  1. La décision ne concerne que la ville d’ N’Djamena alors que le problème a touché tout le Tchad.
  2. Imaginez un instant les longs fils d’attente que feront les usagers de la ville de N’Djamena depuis les 5 stations-services. Je veux dire par usagers les conducteurs des motos, des véhicules, des camions, des gros porteurs, les propriétaires des générateurs, les responsables d’établissement…
Je m’arrête là parce que si mon ordinateur se décharge complètement j’aurais du mal à le recharger.

Course contre les malfaiteurs à Abéché

10 malfaiteurs ont été appréhendés dans la nuit du 03 au 04.12.2013 par la police municipale du 2ème arrondissement, à Abéché.  Ils ont été présentés ce matin à la presse locale.

Selon le maire 3ème adjoint de la commune d’Abéché, ces « bandits des grands chemins » opéraient pendant la nuit et au petit matin dans les différents quartiers dudit arrondissement et la police municipale les a surpris ce jour au marché de Taradona.  Daoud Dongous félicite les forces de l’ordre pour le travail abattu et déclare que « les bandits n’ont pas leur place dans la citée d’Abéché ». Il explique que toutes les dispositions sont prises et tous les moyens sont mobilisés pour traquer les bandits.

Trois autres qui auraient l’habitude d’opérer pendant la nuit dans le même arrondissement ont été appréhendés et présenté hier à la presse locale. On chiffre ainsi à quatre les actes de vandalisme annoncés en une semaine et à 15 le nombre de présumés malfaiteurs appréhendés en 48 heures.

Un habitant que nous avons rencontré indique que ce geste peut amener la quiétude au sein de la population mais estime en même temps que l’insécurité reprend surface à Abéché.

Insécurité à Abéché : tentative de braquage en plein jour.

Deux braqueurs ont été appréhendés ce mardi, 03.12.2013 à Abéché (Est du Tchad). La scène s’est déroulée au quartier Kamina 2, dans le premier arrondissement.

Après la tentative de braquage de la Banque Commerciale de Chari le 24.10.2013 dernier, vient le tour des clients.

Munis d’armes à feu, les malfaiteurs ont tenté de braquer un habitant devant chez lui. Ils l’ont suivi lorsqu’il est sorti de la banque. Arrivés devant la porte de sa maison, ils l’ont pris « haut les mains » lui demandant de leur donner argent qu’il vient de retirer de la banque. La victime a riposté, les voisins ont intervenus pour maitriser les agresseurs avant d’appeler la police.

Blessée au niveau de la jambe, la victime se trouve à l’hôpital régional d’Abéché pour bénéficier des soins nécessaires. Les présumés braqueurs, eux, se trouvent entre les mains des forces de l’ordre.

Les deux agresseurs ont été présentés ce mardi devant la presse locale. Le gouverneur de la région du Ouaddaï, le général Abbadi Sahir, a déclare une lutte sans merci contre les « bandits des grands chemins ». « Les malfrats n’ont pas leur place à Abéché » annonce t-il lors de cette présentation.

Un autre client aurait été victime de tentative de braquage à la sortie d’une banque le 26.11.2013, et qui a eu son salut grâce à ses pieds.

Un salon de coiffure avec le moyen de bord

Un salon de coiffure en plein air, fait par le moyen de bord et avoir le strict nécessaire pour le travail . ça permet quand même de subvenir à ses besoins.

Salon de coiffure

Salon de coiffure

Nous sommes à Amleyouna, une sous-préfecture située à 60Km à l’Est d’Abéché. Dans cette localité, les coiffeurs sont rares, d’ailleurs, il n’y en a qu’un seul pour toute la population.

Les personnes qui travaillent avec les humanitaires, eux, se font coiffer, le plus souvent  au camp de réfugiés de Gaga, à 12 Km à l’Est d’Amleyouna.

Ce jour, c’était un week-end et je ne voulais pas attendre le début de la semaine pour me faire coiffer ; alors je décide de voir le coiffeur de la place. Et voila sur quoi je tombe : Un miroir cassé prenant support sur un arbre, devant lequel se trouve un plateau (le dessous d’un fus) qui contient des « matériels » nécessaires pour coiffer. Le tout mis sur une table fabriquée de briques cassées. C’est ce que vous voyez sur l’image. En face se trouve une chaise (je m’abstiens de la décrire) et, un peu loin, un générateur. Le tout en plein air. C’est, au fait, « un salon de coiffure ».

Le responsable du salon était entrain de coiffer un jeune-homme. Au départ, je n’avais pas voulu me prononcer, déclarer que je suis venu pour me faire coiffer. J’hésitais, pas à cause des matériels puisque j’avais ma tondeuse personnelle, mais je me doutais de la compétence du coiffeur. Mais j’ai vu qu’il a quand même bien coiffé le jeune-homme. Alors j’ai pris le risque et tout était bien passé.

Avec ce métier et dans cette condition, le responsable, la trentaine, coiffe en moyenne 7 personnes par jours à 500 francs CFA la tête. Il parvient à avoir au moins 2000 francs CFA quotidiennement, ce qui lui permet de subvenir à ses besoins.

Cependant, ce qui est à déplorer c’est les conditions d’hygiène, parlant du lieu et des matériels.

Il n’y a pas un sot métier et on fait avec le moyen de bord. L’homme gagne son pain à la sueur de son front. La vie est une chaîne et chaque maillon est essentiel pour l’équilibre de la vie.